Le réveil des oiseaux

Il faut parfois se mettre des coups de pied au cul pour sortir du lit sur le coup de 5 h du mat’, juste pour aller rouler. Mais nos contingences modernes font du temps en denrée rare, courtisée et il faut ainsi parfois gratter ailleurs, sur le sommeil, pour s’offrir les rides dont au rêve au cœur de l’hiver sous la couette, celle là même qu’il a fallu quitter samedi matin sur le coup de 5 heures. L’idée était bête, comme d’habitude, mais simple. Monter en voiture à Nohède, grimper en vélo jusqu’à la neige et descendre par un joli single tout lisse et super fast.

Qui a dit glissant ?

Qui a dit glissant ?

Ne pas sortir de la ligne !

Ne pas sortir de la ligne !

Nous étions deux au départ, puis trois. Franck, en pleine préparation hivernale, était parti une heure plus tôt de Ria pour nous rejoindre et cheminer avec nous durant la montée. Il faisait nuit quand nous avons démarré, ma vieille lampe avait rendu l’âme sur le parking (grrrrr !) et je n’ai dû mon salut qu’à Miguel et sa frontale en plus (elle est d’ailleurs toujours dans mon sac Miguel, ne cherche pas). Au loin une chouette annonçait aux autres oiseaux le point du jour, les premiers instants de l’aube que nous apercevions nous aussi au loin, pâle lueur à peine perceptible sur l’horizon.

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Here comes the sun (air connu)

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Le soleil réveille les éléments

Curieusement, il ne faisait pas froid. Enfin, pas à la hauteur de la promesse de l’hiver. 6° à la mi-janvier à 7 h du mat’ à 1000 m, ça laisse songeur. Délaissée la route, la montée sur la la piste se révélait tout de suite un peu compliquée, enfin, pas comme je l’avais imaginée. Très vite nous furent confrontés à de la neige et de la glace posées sur toute la largeur de la voie. Ça commençait très bas et je doutais un long moment de mon idée. Si c’était comme ça jusqu’en haut, la matinée allait être sketchy !

hop selfie du bike

hop selfie du bike

Nous parvenions tant bien que mal à conserver le cul sur la selle en étant super attentif à la trajectoire, roulant de loin en loin sur les bords où la neige, qui n’avait pas été tassée par les voitures des chasseurs, avait complètement fondu, sur la neige non tassée persistant ou carrément sur la glace parfois roulable lorsque la douceur avait entamé son pouvoir de nuisance. Bref, cette galère nous a tenu pendant trois cent mètres de dénivelé avant que l’horizon de nos pneus se dégage, que la glace cède la place à la terre habituelle, compactée et terriblement souple. J’avais parfois l’impression d’être scotché.

Heureusement, le soleil se levant, il se glissait avec malice entre les arbres, sa chaleur timide, on est en hiver quand même, redonnait vie à la forêt maintenant bien éveillée. Nous étions accompagnés par le chant des oiseaux tout juste réveillés, constations, grâce aux traces dans la neige, que l’endroit était bien habité. L’occasion, tient, de rendre hommage à la vista, à l’oreille plutôt d’Olivier Messian qui a bien entendu ce que nous avons entendu pour en faire de la musique !

oiseau.

oiseau.

Au clôt, nous avons fait une pause avant d’attaquer la dernière partie, principalement à pied la neige rendant la progression sur le vélo de nouveau complexe. Histoire de manger un peu, faire quelques photos et laisser les cuisses refroidir. De là, nous avons abandonné Franck à son destin, il continuait de monter encore un peu pour changer de vallée et aller chercher le Cami Ramader, et avons poursuivi jusqu’au réservoir, le plus bas des trois lacs de Nohède, pour profiter de la vue, faire encore quelques images et jouer comme des gosses avant d’attaquer la descente. Revenus à l’entrée du sentier, ça sentait bien bon.

zou, ça file

zou, ça file

La trace n’était pas trop enneigée, juste ce qu’il fallait pour que très vite je me mettre une grosse boîte comme un grand, ma roue avant ayant été stoppée par une racine de sa mère planquée sous la neige. La suite ? Ce n’était que du bon. J’avais choisi ce sentier parce qu’il n’est pas difficile techniquement, qu’il est doux, pas trop de pente et a priori sans trop de malices planquées sous la neige. Bref, mes freins couinaient secs au début alors j’ai essayé de ne pas trop tirer dessus et c’est parfois allée très vite. La traversée de la hêtraie, un peu plus bas, la neige avait en grande partie libéré le sentier, fût fidèle à sa réputation, belle, rapide, envoutante, le genre de descente que tu aimerais voir durer une heure.

et encore…

et encore…

2snowNohède©yannkerveno-11

arf, c’était bon

posey (2) avec la Gorge Fraîche

posey (2) avec la Gorge Fraîche

Face à la montagne, nous nous sommes posés cinq minutes, le temps de laisser sécher les vélos et de boire une bière. Bien contents de notre coup, en plus nous étions dans les temps, notre permis à point n’aurait pas à souffrir ce coup-ci !

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