On a fendu les nuages !

J’avais déjà roulé à Maçanet l’hiver dernier et m’étais promis d’y retourner tant les traces sont sympas à rouler, vives, avec des défis, parfois pentues et toujours sacrément belles. En gros un pur spot. Nous partîmes à quelques uns et une donc, nous donnant rendez-vous au Boulou pour rouler ensuite de conserve jusqu’à la petite bourgade planquée à l’ombre des Salines.

Nous étions jeunes et larges d'esprit.

Nous étions jeunes et larges d’esprit.

La météo était formelle, ça allait se lever, si si. Sur place, le ciel bas et lourd pesait sur nos têtes accroché à mi-pente aux branches des chênes. Nous ne voyions pas les cîmes mais comme nous devions bricoler dans la pente, cela n’était guère inquiétant.

Dommage pour le paysage (mais pas pour la rime)

Dommage pour le paysage (mais pas pour la rime)

Notre petite troupe en marche, nous avons attaqué l’ascension par la petite route et son coup cul pour mettre le moteur à bonne température, puis quitté l’asphalte, pris la piste et trouvé un rythme de croisière qui s’amuse. J’avais un doute sur la bifurcation, nous nous en sommes donc remis aux traces GPS que nous avions chargées la veille, elles nous indiquaient de continuer à monter, nous avons donc continué à monter. Longtemps.

Un coup à se perdre de vue.

Un coup à se perdre de vue.

maçanet-4

Waiting for the singletrack.

À mesure que nous prenions de l’altitude, croisant une bétonnière, étant doublés par des chercheurs de champignon, nous nous enfoncions dans les nuages, l’air prenait consistance, s’incarnait, devenait palpable par la grâce de ces milliards de gouttelettes d’eau en suspension délicate. Les petits arbres de la forêt méditerranéenne avaient aussi laissé place aux hêtres des hauteurs, la piste s’élevait doucement, nous enchaînions les épingles comme d’autres enfilent des perles. Bref, bientôt nous fûmes en haut, attendant bave au bec de trouver l’entrée du sentier qui allait nous faire dévaler les 600 mètres que nous venions de prendre. Mais point de sentier. La piste filait à flanc, descendait légèrement même, toujours plongée dans un brouillard intense et sans fond de carte sur le GPS, nous étions toujours sur la trace, il était difficile de se faire une idée précise du bazar.

Certains passages comme des chantiers.

Certains passages comme des chantiers.

Des chantier sans lumière !

Des chantier sans lumière !

Mais nous étions assez éloignés du point de départ. Franck a fini par dénicher le sentier que nous cherchions en contrebas de la piste, une jolie trace de terre souple cachées sous quelques feuilles. Il faisait assez chaud, 16° quand nous avions quitté le parking et l’atmosphère chargée d’humidité, la végétation couverte d’une fine couche d’eau, faisait un peu penser à l’hiver aux Açores. Mais nous étions enfin dans la descente. Et quelle descente. L’entame est facile rouler, dans la forêt, c’est joueur sans difficulté. Puis ça se corse. La pente s’accentue et le sentier se fait vraiment GR. C’est typique de Maçanet, des gros blocs de pierre, une trace qui bricole insensément, tournicote, se rompt pour t’envoyer droit dans la pente…

Mais pas sans pierres.

Mais pas sans pierres.

Le tout étant rendu un peu plus glissant qu’à l’accoutumée, certains passages devenaient tendus, le granite lorgnait avec gourmandise sur nos dérailleurs. Mais qu’est ce que c’était bon (et long !). En dévalant le GR nous étions un peu comme des gosses butant parfois sur les difficultés, riant aux autres endroits, exultants quand nous parvenions à franchir nos appréhensions en domptant le sentier. Enfin, je parle de ceux qui roulaient derrière, les autres devant nous attendaient à chaque croisement avec la piste. Jusqu’à ce que je crève sur une pierre patibulaire et que Franck explose son pneu sur la même pierre juste derrière.

Franck à fond dans les cailloux

Franck à fond dans les cailloux

Nous ne savons pas de quoi nous avons été punis, mais nous avons été punis. Je m’en suis sorti avec la même posée par François, Franck lui a dû se résoudre à la chambre pour repartir. Au final nous avons débouché de nouveau sur une piste qui a failli nous renvoyer direct en bas quand il m’a semblé reconnaître, alors que nous dévalions à bonne vitesse, une des liaisons entre singles que nous avions empruntée l’hiver dernier. Le temps de faire des étincelles, je bloquais le groupe et nous repartions à rebrousse-piste par un raidillon qui était plus sympa dans l’autre sens. Mais la suite en valait la peine.

Oscar au régime selle de merde

Oscar au régime selle de merde

Une descente pas bien longue mais shapée avec goût dans la forêt, avec des relevés, des appels, un flow incroyable, ce genre de trace qui te met la banane pour deux heures et dans laquelle tu oublies l’appareil photo dans le sac. Une petite grimpette (encore un peu sèche mais c’est aussi ça Maçanet) plus tard, nous attaquions la dernière descente (pour François, Simon, Jake, Oscar et sa selle en vrac et moi)…

A mud tracker is born !

A mud tracker is born !

Mécanique.

Mécanique.

Un modèle de truc chiant avec des caillasses pas franches posées là en vrac. Un dernier petit run au dessus de la route, tout en souplesse et nous étions revenus au parking. Bière, saluts, il était l’heure de rentrer bosser au bout d’une petite heure de route. Nous avons confié nos rêves à ceux qui restaient pour un tour de plus sur le tracé de la DH, Mag, Nico, Miguel et Franck. [le récit et les photos de Franck au bout de ce lien]

Encore un soir où je n'aurais pas eu besoin de compter les moutons !

Encore un soir où je n’aurais pas eu besoin de compter les moutons !

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