Toucher le flow

Cela arrive parfois, au détour d’une sortie sur des sentiers arpentés des dizaines de fois, au bout d’une belle sortie comme hier, en solo. Une sortie de fin d’après midi, le premier jour de novembre en manches courtes sous le soleil déjà baissant la garde.
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La nuit, tapie dans l’Est, n’allait pas tarder à le croquer le soleil. Une sortie au hasard, avec une vague idée au départ de la trace que j’allais suivre, une sortie à l’inspiration, toute en improvisation. Une sortie en solo aussi, c’est de saison, qui permet de prendre un peu de temps pour penser à ceux qui sont partis tout récemment ou il y a plus longtemps. Un petit tour par les gorges de la Guillera pour commencer, là où la légende raconte que San Jordi terrassa le dragon. La pierre rouge à l’entrée du défilé serait gorgée du sang de l’animal. Puis, la rude montée au dessus du barrage.
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Il y a avait bien deux ans que je l’avais empruntée et je fus vite contraint de constater qu’entre elle et moi ce n’était toujours pas ça. Une fois en haut, je pouvais continuer sur la piste ou prendre le single de droite qui me ramène en un rien de temps au point de départ, en bas, en passant par les ruines d’un village. Je fis ce choix, histoire d’en découdre sur ce sentier pavé, parfois correctement, parfois bien mal, ça secoue grave, les pluies récentes ont charrié des blocs de pierres dans la trace, faudra retourner faire un peu de ménage durant l’hiver. Puis, une courte remontée plus tard, un passage en balcon pour juger de l’heure, du sursis que me laissait le soleil avant de plonger le pays dans l’obscurité, je décidais de remonter par la carrière, comme d’habitude sur ce sentier souvent emprunté. J’avais laissé pas mal d’énergie dans la montée du barrage donc j’ai fait sans forcer.
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En haut, il était temps. Je me suis engagé dans la dernière descente et de suite j’ai touché un truc bien, les roues allaient exactement où je voulais, les virages et les relances s’enchaînaient avec une fluidité rarement approchée, je sentais la vitesse sans la subir. C’était comme une mélodie de Coltrane, ou mieux encore, comme écouter Maria Callas dans l’air de Casta Diva (Norma – Bellini).

Sans peur, les choses sont bien plus faciles. En rentrant par la petite route sous les arbres, dans la quasi obscurité, je me disais que c’était peut-être bon, qu’après trois ans et demi, j’avais peut-être en partie vaincu la trouille que j’avais chopée en faisant des allumettes avec mon coude.
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