Au taff pour O2 Bikers, j’ai roulé aujourd’hui, et demain encore, dans la Vallée de Maira dans le Piémont Italien. Le menu du jour était copieux, pour le moins avec une quarantaine de kilomètres pour 1600 m de dénivelé. Une broutille. Sauf que c’était sur le modèle ça monte, puis ça descend, puis ça remonte. Point. On s’est donc fané pour commencer un col de 10 bornes en partant de 1300 m, même si ça donne le cancer l’asphalte, c’était appréciable, si si, avant de déboucher à 2000, sous le soleil.
Bon, j’en ai bavé sur le goudron au soleil, il y avait des passages bien raides, de ceux qui te donne des envies d’apostasie furieuses (les envies), mais en prenant notre temps, nous avons fini par déboucher sur un replat, le seul de cette longue montée.
Là, on a chopé une piste pour traverser l’altiplano de La Gardette, qui n’a rien de plat, aller jusqu’au refuge, bienvenue pour le casse-croûte et le café, puis pousser jusqu’au col à 2400 m dont l’entrée était barrée d’un gros névé.
Ça m’a donné l’occasion de parler avec un tas de « marmotta » pas farouches du tout. Dans le D- c’est quand même bien bon et ça gommait les efforts de la première partie. Ça filait vite au milieu des marmottes qui déguerpissaient comme des lapins le jour de l’ouverture de la chasse, sur une trace sans difficulté, à deux ou trois passages près. J’ai tout descendu sans mettre la selle en bas.
Une fois sortis de la haute montagne, de la caillasse, nous avons enquillé un sentier touffus, farci d’orties (on est parmi les tous premiers à passer par là cette saison), c’était un peu mouillé, j’ai fini une fois dans la végétation, pour faire bonne figure et vérifier la bonne tenue urticante de l’ortitalienne*, après avoir glissé sur une pierre cachée sous les herbes. Bref. La nuit sera bonne.
*ortitalienne : terme déposé, ortie italienne.




[…] Ce n’est pas la bouche qui pédale, mais quand elle est pâteuse, bizarrement, on pédale généralement moins bien. Allez comprendre. J’ai souffert dans la montée, cherché à oublier la pente, usé de ruses diverses, jusqu’aux plus improbables, chanter à voix haute en même temps que je pédalais. Bref, je me consolais avec les paysages qui s’ouvraient sous nos yeux à chaque trouée dans les arbres ou chaque virage dans la pente. Cela me faisait penser au Val Maira, en Italie, où je suis allé rouler l’an passé pour O2 Bikers. […]