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« You guys are crazy ! » Yes, but not so much.

Encore une idée qui trottait dans la tête de Marc depuis un moment, la descente du GR 10 depuis le col de Mantet jusqu’à Py, puis une remontée par le dit sentier jusqu’au col de Jou. Là, plusieurs soluces, nous allions prendre la presque pire, mais c’est une autre histoire. Potron minet, bar des sports, potes, cafés, vers 7 h nous décollons, le ciel est bleu et il fait frais.
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Nous avons décidé de laisser une voiture au col à 1800, une autre en bas à Vernet-les-bains. Une fois sur place, nous nous échauffons un moment sur la piste qui mène en haute montagne, cherchons en vain des champignons, avant d’appuyer sur celui-ci en entamant la descente sur une jolie trace de forêt de montagne. De suite, une fois le col passé, on rentre dans le dur, et le bon.

Full gaz dans la descente du col.

Full gaz dans la descente du col.

Ça tourne dans tous les sens, et on a tellement bien bossé les épingles qu’on peut rentrer et faire de la couture. La première partie est ainsi somptueuse, joueuse, technique mais pas trop, rapide mais pas trop.

Une petite bavette au détour d'une épingle !

Une petite bavette au détour d’une épingle !

Quand on débouche sur la route à la première intersection, nous savons déjà que nous n’avons pas perdu notre matinée ! Puis ça continue, un joli chemin parfois bien empierré qui fait souffrir les bras, parfois une trace plus sauvage le long de laquelle le piquant est assurée par des orties charnues qui font passer l’envie de sortir de la trajectoire. Le soleil se pointe au dessus des montagnes, il sèche l’humidité de la nuit, nous croisons la route encore à deux reprises, un peu comme si ces croisements étaient la marque du changement de chapitre puisque chaque tronçon propose un exercice différent en modifiant la nature du sol et de la trace. Les aboiements très énervés de deux clebs peu accueillants nous annoncent l’arrivée à Py, en bas de la descente. Le temps d’une petite halte, nous filons sur la route pour aller chercher la voie du col de Jou, toujours sur le GR10. Et là c’est une autre chanson. Ça grimpe sec par moment, ça passe un peu sur le vélo, puis plus du tout. Il faut pousser, puis porter, et parfois on n’en voit pas le bout.

Alerte Girolles !

Alerte Girolles !

Mais c’est beau. La vue sur la vallée est somptueuse, on arrive parfois à rouler 10 mètres, 20 mètres, puis nous sommes victimes d’une « alerte girolles » de niveau 5 (sur une échelle de 4), nous ramassons deux bons kilos de champignons parfaitement frais, à la chair dense et odorante dans un rayons de 20 mètres en contre-haut du sentier. Puis, ainsi chargé, nous pouvons rouler un peu, c’est très bon, une petite trace en forêt, des racines, sèches, et un couple de randonneurs américains que nous suivons pas à pas dans l’ultime portage qui nous conduit à la foule, au col de Jou.

À pied dans le remontée vers le col de Jou.

À pied dans le remontée vers le col de Jou.

Entre les familles, les bagnoles et ceux qui se préparent au canyoning, il ne reste plus beaucoup de place ! Le temps de grignoter un morceau, nous repartons vers la tour de Goa, et ça pique velu la montée. On lâchera l’affaire de loin en loin pour pousser un peu. Profitant du point de vue pour souffler un brin, nous nous glissons ensuite gaiement dans la descente qui démarre sur la crête. À fond les ballons. Au croisement, il nous faut prendre une décision. J’avais choisi de passer à flanc côté Sahorre, mais Marc décide que nous poursuivrons sur la crête, parce que c’est beau.

oh la belle crête après la tour de Goa !

oh là belle crête après la tour de Goa.

C’est vrai, c’est beau, ça monte sec, ça descend sec, j’ai même le loisir de pincer ma chambre à air dans un passage mal négocié, il y a quelques défis techniques pour entretenir le suspense, le paysage est beau sous le soleil et nous avons récupéré un xcrosseur anglais perdu, sorti de la pampa comme Robinson cherchant Vendredi. Ça tombait bien, nous étions vendredi et il prit notre roue pour rentrer au bercail. Notre seule interrogation concernait alors la descente sur Vernet. Sur la carte, c’était drôlement joli, mais raide, puisqu’il y avait 600 mètres de d- en quelques centaines de mètres.

Feu !

Feu !

En vrai, une fois passé le pic de la Pena, son point de vue formidable et vertigineux sur les alentours, c’était drôlement joli et super raide. En fait, nous avons du marcher pour perdre 200 m de dénivelé tellement c’était engagé et compliqué techniquement. En arrivant au croisement son semi-rigide sous le bras, notre Robinson eut cette phrase : « You guys are crazy ! » Nous en avons convenu, avant de prendre cette fois une bonne décision, celle de quitter la trace principale pour prendre à gauche, retrouver un semblent de roulabilité, même si certains passages étaient encore bien tendus du camelback et que nous avons assez peu goûté l’escalier, au milieu de la pente, avec des épingles, encore, qui imposaient une parfaite maîtrise du nose turn dont nous ne sommes pas équipés, loin de là.

La descente depuis le pic de Pena est un peu indigeste au début ! Mais c'est beau.

La descente depuis le pic de Pena est un peu indigeste au début ! Mais c’est beau.

Mais il y avait tout de même quelques beaux passages dans la terre et la caillasse pour finir aux portes de la ville. Au bout du compte, cela fait une jolie sortie, avec environ 1800 m de d- et 700 de d+, et des tas de sentiers à aller voir. Nous rêvons maintenant de monter à 2400 au dessus du col de Mantet pour aller voir deux ou trois trucs, trouver une fin différente vers Vernet, nous disions que nous pourrions peut-être enchaîner la descente depuis 2400 avec la belle descente cachée derrière le pic de Tres Estelles. Bref, on a pas fini de rêver.

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On ne va quand même pas aller moins vite que les piétons !

Une fois les traces explorées, il n’est pas inutile d’y revenir pour vérifier les enchaînements, et profiter d’un premier passage pour laisser un peu les freins tranquilles. C’est ce que nous avons fait avec Marc et Fred hier 8 août, enquillant une longue descente depuis Saint-Pierre del Forcats jusqu’aux bains de Saint-Thomas (mazette, quel pied !) puis en allant chercher ensuite le bon bout qui nous conduisit du réservoir de Prats-Balaguer jusqu’en bas, à Fontpedrouse.

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Franchement, de Planès à Saint-Thomas, que du bon. Sauf les racines mouillées.

En trois heures et quart de temps, tranquille pépère, l’affaire était emballée & pesée malgré l’extrême humidité laissée par la pluie de la veille qui faisait ressembler les dalles de pierre à des plaques de verglas riant aux éclats de nous voir arriver un peu  flippant sur nos selles. La première partie jusqu’à Saint-Thomas est donc toujours aussi terrible, ça passe plutôt bien partout pour notre niveau, c’est vif, joueur, et majoritairement sec. Nous avons pu aussi donc constater que la remontée vers le réservoir, un bout de route, puis de la piste de plutôt bonne facture, passait assez bien pour un + 400 m peinard. Faudrait juste que les piétons évitent cette portion, rien de plus énervant que de les voir loin devant et de constater que l’écart ne se réduit que très, trop, lentement. Une fois « en bas la banane » j’avais prévu un bout de route pour aller chiper la dernière partie de la descente du train jaune jusqu’à Olette. Mais il y avait un truc laissé en plan la dernière fois qui nous titillait, rejoindre Olette par la rive droite.

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Feu dans la forêt le long de la Têt, que du bon

Enfin, au moins aller jusqu’à Thuès, par un bout de trace perché dans falaise, choix pas cornélien agité comme un chiffon rouge par Marc devant nos cintres émoustillés. Nous prîmes donc le sentier le long de la Têt, magnifique sentier joueur en forêt, à l’ombre de l’été donc, qui serpente entre les arbres. Le gars du camping de Fontpedrouse, à qui nous avons demandé notre chemin, nous avait averti qu’il y aurait deux ou trois « rampillons »* que nous ne pourrions passer sur le vélo.

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Savoir s’arrêter pour profiter !

Bien vu garçon. Sans être costauds, les deux sections de portage ne laissent pas indifférents (hein Fred ?) et il y a quelques bons bouts bien aériens durant lesquels tenir le vélo à la main n’est pas manque de cran. Y’a du gaz, et si tu trébuches, je pense que tu as le temps de te rendre compte que tu tombes. Entre les deux il y a aussi quelques portions un peu pourrie où il est difficile de rouler. Il était indiqué 1 h 40 pour que les piétons rejoignent Thuès, nous commencions à nous demander si nous serions dans les temps.

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Ne pas marcher la rate ou ne pas rater la marche (c’est pas roulant)

En même temps, nous nous sommes arrêtés un moment suite à une « Alerte girolles » pour fouiller la pente sous le regard curieux mais lointain du pont Séjourné. Au bout du bout, une fois sur le vélo, un joli chemin horizontal permet au cœur de redescendre avant d’arriver en haut de la descente. Sur la carte c’est joli, des épingles partout, en vrai, c’est moins drôle. L’entame ressemble à un rock garden de coupe du monde de DH, avec en plus, sinon c’est pas drôle, une douzaine de piétons en tongs aux cent mètres linéaires. C’est vraiment compliqué les épingles avec des blocs de caillasses mal posés, faudra encore qu’on travaille la technique ? Un stage cet hiver Damien Oton ? Bref, après les boîtes de la partie haute, j’ai enquillé sur le vélo la fin de la descente, du gros technique qui bouffe le débattement pour arriver quelques minutes avant l’horaire indiqué pour les piétons. On a les challenges qu’on veut !

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globalement, les portages passent bien, mais faut aimer.

Passé Thuès, nous avons pris une trace sympa à flanc pour ensuite finir par la route. Le temps de la navette, j’ai fait un plouf dans la rivière avec le vélo et une mini sieste de 10 minutes sous les arbres. Il n’y avait que la rivière pour me faire la conversation.

* Tiens, un fan du FC Nantes de la belle époque ?

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Pour une fois, tout a marché comme sur des roulettes

L’idée était encore de partir d’un point haut pour atteindre un point bas, mais sans oublier de monter un bon bout. L’idée était de reprendre un bout de la trace de la toute première transbiking pour descendre vers Saint-Thomas puis remonter vers Prats-Balaguer et aller musarder jusqu’au refuge de l’Orry, joli coin s’il en est à défaut d’être un fameux port de pêche. Er par là ajouter quelques bornes d’une descente de feu. Pour nous affranchir des horaires de la SNCF, nous décidons de monter en voiture jusqu’à La Cabanasse. Pour une fois c’est le retour que nous ferons en train ! Bref. À pied d’œuvre dès 8 h 15, il faisait presque frais au milieu de l’été, Les premiers mètres de sentiers trempés de la rosée du petit matin, les odeurs de bouses et de nature décuplées par cette humidité. Nous attaquons donc par le GR10, une trace en montagnes russes, ça glisse sur les cailloux, on trébuche, on roule dans l’herbe, c’est une entame tout en douceur pour une belle journée à venir.

Petit matin, herbe fraîche, rosée, lég!re brume et horizon plein de promesses !

Petit matin, herbe fraîche, rosée, lég!re brume et horizon plein de promesses !

À Planès, nous nous hissons en bavardant jusqu’au sommet pour nous engager dans la descente vers Saint-Thomas. Du caviar si tôt dans la journée ce n’est jamais écœurant. Ça commence par un chemin large bien pavé, qui vite se transforme en single parfait, de la terre un peu humide, de l’herbe de chaque côté, on peut oublier les freins un instant, c’est boueux parfois sur quelques mètres, ça relance, et ça continue. On aime.
Une fois la forêt passée c'est à fond dans la caillasse

Une fois la forêt passée c’est à fond dans la caillasse

Puis on entre dans la forêt, l’odeur de la résine déjà réchauffée par le soleil – nous venons de passer sur un flanc exposé à l’Est – la trace super propre, quelques racines souriantes, quelques ruptures de pente sans malice, un régal jusqu’à la sortie au grand air avec le retour dans la caillasse. Emportés par l’élan nous ratons la trace préparée, mais nous en rendons compte un peu tard. Bref nous continuons sur cette alternative un peu plus engagée que jusqu’ici et nous déboulons, béats, aux bains de Saint-Thomas.
Les belles épingles de la descente vers Saint-Thomas

Les belles épingles de la descente vers Saint-Thomas

Là une petite traverse nous a permis de rejoindre la route, d’aller checker au loin une hypothèse pour un autre jour, puis nous nous sommes engagés dans la longue ascension pour le Graal du jour. De la route, de la piste, ça monte bien finalement, jusqu’au réservoir.
Casse croûte bienvenu après l'ascension sur piste.

Casse croûte bienvenu après l’ascension sur piste.

Là, c’était l’heure de l’apéro, nous avons marqué une courte pause pour manger un morceau, fouet, jambon, sandwich, figues et abricots secs juste avant de pousser le bouchon plus loin. Jusqu’au refuge de l’Orry. Dire que c’est une bavante d’arriver là, c’est oublier que la suite n’est pas non plus piquée des vers. À la piste correctement défoncée par endroit et fort pentue qui mène au refuge, succède un single track déjà bien technique à descendre mais qui empêche carrément de rouler dans l’autre sens.
au delà du refuge de l'Orry, il y a de belles parties techniques à descendre, mais pas drôles à monter

au delà du refuge de l’Orry, il y a de belles parties techniques à descendre, mais pas drôles à monter

Nous avons quand même poussé le bouchon plus loin mus par l’espoir que la trace se laisse apprivoiser, avant que le timing nous rappelle à l’ordre. Demi-tour, c’était bien sympa ce segment très trialisant et mécanisant. Il a en effet fallu opérer une roue libre par ablation d’un cran et ce sans anesthésie.

une roue libre en vrac à 1900 m d'altitude ça saoûle

une roue libre en vrac à 1900 m d’altitude ça saoûle

Le bout de piste malpropre avalé dans l’autre sens, nous nous sommes engagés sur le single qui allait nous ramener au dessus de Prats-Balaguer. Et là, c’était bien trop nul. Au départ, une trace de 20 centimètres de large, dans les herbes, avec du gaz comme il faut à gauche, des petits cailloux ici ou là et une vue imprenable sur la vallée…

Le sentier de retour vers Prats-Balaguer est un caviar de plus dans le secteur

Le sentier de retour vers Prats-Balaguer est un caviar de plus dans le secteur

Ça filait vite, puis le chemin s’est élargi, s’est couvert de pierres, s’est mis à tabasser sec, les pourcentages augmentaient et la vitesse proportionnellement, mais c’était terriblement bien.
Une trace de feu parfois aérienne

Une trace de feu parfois aérienne

Jusqu’à la double crevaison à 50 mètres de distance, qui nous immobilisa un moment.

Mais à rouler trop vite, on crève !

Mais à rouler trop vite, on crève !

De retour sur la piste, nous nous sommes ensuite engagés sous la ruine dans le sentier qui ramène au village, de la balle avec un départ bien technique, trialisant, et une fin rapide, tellement rapide que je fus à deux doigts de finir encastré en morceaux dans la murette de pierre sèche sur un gauche à angle droit un peu hasardeux.
Point d'eau à Prats-Balaguer pour faire le plein, et la lecture offerte.

Point d’eau à Prats-Balaguer pour faire le plein, et la lecture offerte.

Le temps de faire le plein de flotte et de compulser la bibliothèque des amis de la fontaine du village, nous faisons ensuite feu dans un nouveau caviar tout d’épingles vêtues, pour déboucher sur la route, tout en bas. Comme il était tôt, nous sommes allé vérifier un truc que j’avais en tête, un peu scabreux par endroit, mais très chouette, sans pouvoir trouver réellement la clé. J’aurai l’illumination un peu plus tard en regardant la trace sur la carte. Et cela reste à faire.
Real challenge of the day, trouver le bistrot ouvert à Fontpédrouse

Real challenge of the day, trouver le bistrot ouvert à Fontpédrouse

Comme aurait pu rester à faire l’exploit de trouver des bières fraîches à Fontpedrouse un jeudi de juillet sur le coup de 13 h 30. Nous cherchions un bistrot d’un côté du village, on nous a dit que « c’était de l’autre côté », donc nous sommes allés de l’autre côté, sans rien trouver, puis on nous a dit que ce n’était « pas très loin », puis « que « ce n’était pas gagné » », mais finalement, nous avons trouvé à 20 mètres de l’endroit où l’on nous avait dit que c’était de l’autre côté du village. Bref, c’est chez Sylviane, dans la rue principale sous la 116, sur la gauche, le bar est au premier étage.

Le tout en images par Benjamin

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Tu rêves de grands espaces et tu finis puni au jardin

Nous étions partis pour tutoyer les nuages du haut du Madres, ils nous ont finalement tenus en respect. Nous étions partis pour arpenter les vastes espaces sauvages, nous avons été contraints de jouer dans le jardin, mais quel joli jardin ! Donc, nous prenons le train jaune avec un tas d’autres vététistes joyeux d’aller se bouchonner sur la trace historique et une folle qui va nous laisser pantois durant l’heure de trajet à deux ou trois reprises. À Mont-Louis nous quittons vite la gare bondée pour prendre de la hauteur, il fait beau, mais au nord, là où nous allons, c’est déjà une autre paire de manches. Les nuages sont bas, 2000 mètres à vue de nez, il y a du vent, comme annoncé, bref, le doute en nous s’immisce. Après une courte pause pour un café, nous enquillons les pistes les unes après les autres pour arriver au pied du Madres, dont on ne devine même pas le sommet perdu dans les nuages. Nous décidons d’avancer malgré tout, parce que allons croiser plusieurs échappatoires si jamais ça ne s’arrange pas. Au col de Creu, un peu dégoûtés, nous rendons les armes, et décidons de faire un bout de route pour perdre en altitude. Il fait 7° à 1700 mètres, nous devions monter à 2400, c’est bouché , il pleut. Nous ne sommes pas équipés pour de telles conditions, la météo nous a trahi. Bel et bien. Elle annonçait presque grand beau.

Un peu plus bas les conditions s'améliorent

Un peu plus bas les conditions s’améliorent

Bref. Nous décidons de prendre la route pour rejoindre Railleu, là où nous étions passé l’an dernier dans notre exploiratoire recherche d’une alternative au train jaune. L’enfer. Il fait si froid dans la descente que nous avons une barre de douleur juste au-dessus du nez, la pluie fouette les yeux, les jambes sont tétanisées par le froid, comme les mains pourtant dans les gants. Nous arrivons à choper un bout de sentier avant Railleu, puis nous descendons dans la vallée par un joli single, il commence de faire meilleur.
Vous voyez en face la trace dévalant la montagne ?

Vous voyez en face la trace dévalant la montagne ?

Le soleil apparaît, faisait renaître l’envie d’en découdre avec les singletracks. Nous décidons alors de pousser plus loin par la route pour aller vérifier une descente que nous avions aperçu en 2013. Le vent, toujours tempêtueux, nous obligera là à pédaler en descente, sur la route… Mais Bingo ! Nous avons pris le chemin à l’envers en portant poussant pour un petit 350 m de dénivelé positif jusqu’au village, tranquille, d’Ayguetebia. Et naturellement fait feu dans l’autre sens pour valider cette jolie trace cassante farcie d’épingles avec une vue imprenable sur les Garrotxes. En bas, nous avons cherché l’entrée d’un autre sentier que nous avions aperçu depuis la route, plus haut, discuté le bout de gras avec un habitant qui nous a déconseillé chaleureusement de nous engager par là.
Jardinage grand style

Jardinage grand style

Nous avons repris la route espérant trouver le sentier supérieur. Après quelques recherches et un jardinage grand style, dans les piquants, la caillasse, les branches basses, les impasses, nous y sommes parvenus, avec un gros doute. Le sentier était barré de cailloux. Était-il effrondré plus loin ? Vu l’heure bien avancée, nous avons fini par la route jusqu’à Oreilla, puis par un joli single jusqu’à Olette en cherchant, encore, de nouveaux singles dans le secteur. Déjà se dessinent par là de nouvelles belles aventures, mais avant, il nous faudra vaincre le Madres sans monter par le train jaune qui nous amène finalement trop tard à pied d’œuvre.

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Napoléon après les marmottes, il fallait ça

Soleil généreux dès potron minet sur Marmora ce matin et de nouveau une jolie trace au menu. Quelques centaines de mètres de dénivelé bien piquants à avaler sur de l’asphalte, puis un bout de piste et au bout… Le single de rêve.

Bam, soudain, l’essence du single

Une trace de 15 centimètres de large qui file sans les herbes si hautes qu’elles chatouillent derrière les genoux, ou piquent quand quelques orties du cru se sont cachées là. Ça file à flanc, c’est beau, c’est Napoléonien, puis on trouve un col. Enfin. Quatre panneaux posés là pour orienter le randonneur.
À flanc

À flanc

Et là, juste sous les pieds, s’ouvre un caviar, une trace de feu, toute de terre et de feuilles, des épingles pour jouer, des bouts droits pour laisser filer, des virages avec des relevés naturels et un grip de fou dans une terre souple, tendre, pleine des odeurs du printemps.
Y'a plus qu'à pour 700 mètres de dénivelé négatif de feu.

Y’a plus qu’à pour 700 mètres de dénivelé négatif de feu.

Bref, tout ça ça sera à lire dans O2 Bikers, à l’automne probablement. Demain, c’est enduro à Valloire. Autre chanson.

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Ça pique et ça cause avec les marmottes

Au taff pour O2 Bikers, j’ai roulé aujourd’hui, et demain encore, dans la Vallée de Maira dans le Piémont Italien. Le menu du jour était copieux, pour le moins avec une quarantaine de kilomètres pour 1600 m de dénivelé. Une broutille. Sauf que c’était sur le modèle ça monte, puis ça descend, puis ça remonte. Point. On s’est donc fané pour commencer un col de 10 bornes en partant de 1300 m, même si ça donne le cancer l’asphalte, c’était appréciable, si si, avant de déboucher à 2000, sous le soleil.

Un truc à n'en point voir le bout

Un truc à n’en point voir le bout

Bon, j’en ai bavé sur le goudron au soleil, il y avait des passages bien raides, de ceux qui te donne des envies d’apostasie furieuses (les envies), mais en prenant notre temps, nous avons fini par déboucher sur un replat, le seul de cette longue montée.

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Là, on a chopé une piste pour traverser l’altiplano de La Gardette, qui n’a rien de plat, aller jusqu’au refuge, bienvenue pour le casse-croûte et le café, puis pousser jusqu’au col à 2400 m dont l’entrée était barrée d’un gros névé.

La présence de la neige ici si tard en saison est exceptionnelle

La présence de la neige ici si tard en saison est exceptionnelle

Ça m’a donné l’occasion de parler avec un tas de « marmotta » pas farouches du tout. Dans le D- c’est quand même bien bon et ça gommait les efforts de la première partie. Ça filait vite au milieu des marmottes qui déguerpissaient comme des lapins le jour de l’ouverture de la chasse, sur une trace sans difficulté, à deux ou trois passages près. J’ai tout descendu sans mettre la selle en bas.

Y'a bon

Y’a bon

Une fois sortis de la haute montagne, de la caillasse, nous avons enquillé un sentier touffus, farci d’orties (on est parmi les tous premiers à passer par là cette saison), c’était un peu mouillé, j’ai fini une fois dans la végétation, pour faire bonne figure et vérifier la bonne tenue urticante de l’ortitalienne*, après avoir glissé sur une pierre cachée sous les herbes. Bref. La nuit sera bonne.

*ortitalienne : terme déposé, ortie italienne.

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Happy morning ride en musique

À rouler avant même potron-minet tel que je le fais ces jours ci pour éviter min emploi du temps et la chaleur, on vit de belle aventures en solo. C’est tout d’abord l’occasion de profiter de l’éveil de la nature, c’est bucolique, les lapins qui filent devant la roue, les lièvres parfois, on comprend là tout le sens de l’expression « lever un lièvre. » C’est aussi partir avant le soleil dans la fraîcheur pour le regarder se lever, là bas dans l’Est, et prendre possession, à l’ouest, des sommets éclairés avant tout le monde.

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C’est aussi l’occasion de passer sous les nuages, d’éviter la tramontane, de profiter de la naissance, la température du jour aidant, des bouquets d’odeurs qui peuplent la garrigue, de profiter de lumières particulières aussi lorsque le soleil d’été se glisse jusque dans les vallées.

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Mais à partir ainsi tôt, sur le coup de 6 heures du matin, on ne trouve pas souvent de compères pour tailler une bavette pendant que ça monte, pour refaire ou défaire le monde, c’est selon, entre deux coups de flotte. Heureusement, la technologie a prévu ces cas de solitude fortuits, en me permettant d’embarquer des sons. J’écoute des podcast, parfois, mais surtout de la musique.

Dimanche matin, au cours d’une sortie roulante, j’ai donc écouté ce mix plein de vitamine pendant la première partie, toute la grimpette en somme.

Puis une fois au point haut, du côté du col de Foncouberte, j’ai claqué une image de la mer brillante sous le soleil pendant que les nuages s’amoncelaient sur le Canigou jusqu’à le cacher, et changé de disque pour quelque chose de plus subtil.

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Parfait pour les petits matins frais !

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La poussière c’est pas propre et ça glisse

Relâche après une semaine de boulot intense, coup de bol, les potes sont dans le coin pour reconnaître un enduro auquel ils vont participer ce week-end, celui de Thuir, à côté donc. Nous nous nous sommes retrouvés en début d’après-midi, sur un parking au pied de la bosse qu’il nous faudra gravir deux fois pour enquiller deux des spéciales au menu du wek-end. Rien que la grimpette déjà ça fait peur, en plus, avec un dérailleur avant qui insiste pour que je reste sur le 34 dents, ça pique dans les fibres. Monter à Saint-Martin, comment dire, c’est du brutal. Je ne sais pas si les polonais en boivent au petit déj, mais même en début d’après-midi c’est costaud. En plus il y avait des nuages. Moi je m’en fous, je connais le paysage, alors je peux reconstituer, mais ce marin c’est pas de bol pour ceux qui ne connaissent pas. À l’heure d’enquiller la descente, je pars sans attacher mon casque, pas malin. Je m’arrête un peu plus bas pour faire deux trois photos au passage, avec Franck, un des deux compères de la virée à Ainsa.

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Au départ de la chapelle, ça file drôlement vite.

C’est joli, ça file vite, vite, mais il y a toujours quelques cailloux tapis dans l’ombre, armés jusqu’aux dents, prêts à bondir pour vous jeter à bas.

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Sans le marin, on voit bien la mer de là, si si.

Mais même avec les nuages, ça a de la gueule. Après, ça se complique, la trace oblique à droite et prend sournoisement droit dans la pente, y’a de la caillasse, et comme la trace a été limée par les locaux, les pierres et le sentier sont couverts d’une fine couche de poussière, nickel pour le « poussieroplanning »* Y’a un peu trop d’engagement à mon goût, j’aime pas rouler où je ne connais pas, en plus, je pose le pied une ou deux fois. Puis on est en bas. Et là, comme à chaque fois, faut remonter. Et de nouveau le 34 qui veut pas lâcher la chaîne, le brutal qui se glisse sous les roues, et tout le toutim. La trace suivante est moins compliquée techniquement. Je pars devant pour faire quelques photos, et après, full gaz (à ma manière, c’est à dire pas trop vite non plus, c’est full gaz à mon niveau quoi), en profitant de l’effet panorama.

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Après la deuxième montée, la deuxième descente. Logique.

On va bientôt quitter le sommet de la bosse et sa trace rapide pour rentrer dans le maquis. Là, les chênes verts tendent les bras pour une accolade, il vaut mieux éviter. C’est long, c’est bon, ça monte, ça descend, c’est joueur, un chêne veut regarder de plus près la marque du cintre, je m’en sors d’un coup d’épaule à son voisin d’en face. Mais c’est bien. Puis on remonte, c’est l’heure de plier pour moi. Les copains continuent, même pas j’aurais la bière 😉

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Un vrai régal quand même, malgré la difficulté par endroit

* Poussieroplanning (terme déposé) c’est quand les cochons de riders-limeurs du coin aidés de la sécheresse créent une fine couche de terre volatil qui se dépose sur le caillou et empêche ainsi la gomme d’adhérer pleinement au relief. C’est l’équivalent de l’aquaplanning, avec de la poussière.

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La madeleine c’est pas sans peine, oh, si peu

Après ma virée solo à l’Hortus, voir le post ci-dessous, je rentrai dare-dare pour prendre la roue de Loïc au départ de ses vergers pour une sortie apéritive. Le temps de faire le plein d’eau, et nous avons pris la route pour rejoindre Matthieu à Saint-Jean de Védas et filer jusqu’à la campagne toute proche. Le début est un embrouillaminis de singles encombrés d’herbes sur les berges de la Mosson, ça monte ça descend, on connaît la chanson, c’est sympa. Puis une fois passée sous l’A9, ça grimpe, sec par moments, plus tranquillement à d’autres. Jusqu’à un petit bout de sentier bien sympa, sur lequel je parviens à tenir le 34 avec sérénitéL La trace offre un bon grip, sauf pour une « marchàlacon » planquée dans un virage derrière un buisson qui me fait trébucher.

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La Madeleine et son panorama se méritent

On achève l’ascension jusqu’à la chapelle par une route qui hésite à retourner sa veste pour se transformer en piste. Là haut, la vue sur Montpellier est sensas !

Tu la vois la mer ?

Tu la voies la mer ?

On voit jusqu’à Aigues-Mortes, c’est beau on souffle, et nous voilà engagés dans une descente de merde, de celles que je déteste, pentue, avec des cailloux partout, ça glisse, les appuis sont limites et comme j’ai la trouille parce que ce genre de terrain me rappelle un vol en hélico, je freine trop. Donc j’ai pas assez de vitesse, donc je bute sur les marches en travers, je m’en sors en posant pourtant un seul pied pour en finir.

Droit dans le torrent de caillasse ça tabasse

Droit dans le torrent de caillasse ça tabasse

Bref, content d’arriver en bas sans casse. Pour prendre le chemin du retour avec peu ou prou le même menu que dans le premier round, pistes, chemins enfouis dans l’herbe, passage de rivière et bartasses piquantes.

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Hortus-Malus, ou « Sangletrack dans la garrigue »

Sur une proposition de Jean-Marc, auteur du Vtopo Hérault, je file poser mes crampons en solo du côté du Causse de l’Hortus. Au pied, la vigne, en haut, le causse. Et au milieu ça grimpe. Un peu. Au départ de Claret je m’embrouille sévère avec avec le GPS qui ne veut pas de régler au bon pas que je veux lui imposer, pour se venger, il oublie de se repositionner et m’envoie balader sur des fausses pistes avec à chaque fois, un demi-tour à la clé. Je finis par me mettre sur la bonne trace et pédaler tranquillement sur une petite route avant de m’engager dans un sentier un peu improbable que j’aurais préféré faire dans l’autre sens. Les coups de cul sont sévères, il faut pousser parfois, avant de reprendre une piste au profil plus civilisé. Et faire un tour panoramique au dessus du vignoble. Une rapide descente sur piste me voilà encore en train de pester à chercher ma route dans un joli village. Je sais que c’est juste après que les choses sérieuses commencent. Les premiers mètres d’ascension sur la route affolent un peu le compteur, c’est raide en fait. Une courte pause, j’enquille la piste et la difficulté s’accentue, à la fois le pourcentage qui oscille entre 12 et 20 % et la nature du terrain qui ne laisse au grip que des miettes de cailloux.

Au bout de la sévère grimpette, un court portage pour toucher le causse

Au bout de la sévère grimpette, un court portage pour toucher le causse

Il faut en passer par un court portage pour terminer l’ascension et débouler sur le plateau. Là, un bout de single rapide en légère descente permet de faire baisser la température du moteur avant que le chemin s’élargisse et devienne carrossable. La suite s’effectue un moment dans une allée bordée de ces murets de pierres sèches caractéristiques des causses, avant que la piste traverse une zone plus sauvage, on peut rouler à vive allure.

Les chemins de causse entre leurs haies de pierre

Les chemins de causse entre leurs haies de pierre

J’attendais toutefois le single suivant avec gourmandise, et quand l’entrée s’est présentée, je m’y suis engouffré sans réfléchir. J’aurais dû réfléchir en fait. J’ai fini par m’arrêter à force d’entendre le GPS sonner, je n’étais pas sur la bonne trace et j’avais 200 mètres à remonter.

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La suite fut plus aléatoire, le GPS sonnait sans cesse, je n’ai pas franchement trouvé la trace attendue, j’ai jardiné au bord du vide un bon moment. Il faudrait là que je puisse vous raconter l’odeur du thym qui termine sa floraison, les pierres grises et blanches qui roulent sous les roues, les buissons piquants qu’il faut traverser, la trace qu’on croit être la bonne et qui n’est finalement qu’un « sangletrack* ».

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La sortie offre de très beaux points de vue sur l’ensemble de l’arrière pays héraultais

Tout ceci en faisant un peu attention, sur main droite, il y a bien 100 mètres de gaz en moyenne, il ne faut pas rater la marche. Une fois extrait de ce bazar, qui reste sympa quand on a l’habitude des errances de ce type, j’ai récupéré une piste un peu pourrie par des pierriers, puis devenue roulante, elle était boulevard panoramique pour me ramener à la voiture à Claret. Dommage qu’il n’y ait pas un bout de single propre pour redescendre des hauteurs, je n’avais malheureusement plus le temps pour en prendre un au hasard. J’étais attendu à la Gardiole en suivant. J’ai mis 2 h 15 en jardinant, pour presque 27 km et + ou – 550 m de d+

* Sangletracks : habile contraction de sanglier et singletracks (terme déposé)